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Les New-Yorkaises, drôles d'oiseaux

Ni injure sexiste, ni recette de Maïté, "Les pintades à New York" sont un recueil de chroniques rédigé par
deux journalistes françaises, sur la vie palpitante des habitantes de la "Big Apple". Un drôle d'inventaire qui
laisse parfois perplexe.  

Pour aller plus loin
Questions de femmes

Les pintades à New York

Un jour, un livre arrive à la rédaction : "Les pintades à New York". Titre surprenant et équivoque qui, bien
évidemment, attise notre curiosité. Est-ce une blague ? Pas du tout, il s'agit vraiment d'un ouvrage rédigé
par deux journalistes françaises, Layla Demay et Laure Watrin, exilées outre-Atlantique depuis
respectivement 7 et 4 ans. Ebouriffées par le choc culturel que représente la confrontation avec le style de vie
des New-Yorkaises, elles ne cessaient de se dire : "Mais c'est pas possible ! Il faut qu'on fasse un livre !".

Mais qu'ont-elles de si remarquables ces filles de la grosse pomme pour qu'on leur consacre autant
d'attention ? Sachez que les New-Yorkaises n'ont rien de commun avec nous. Dans une ville synonyme de
démesure, les mœurs de ses habitantes sont à la hauteur du mythe. Organisée, codifiée, réfléchie, leur gestion
du quotidien ne doit rien au hasard. Les auteurs expliquent : "New York est une ville où l'on se sent libre.
Des modes de vie très différents coexistent sans heurt. Beaucoup d'argent circule et certaines fortunes sont
colossales, ce qui projette d'emblée dans une autre dimension"

Layla Demay et Laure Watrin - DR  
Nos deux compatriotes ont enquêté pendant plusieurs mois sur ce lifestyle si déroutant pour qui n'est pas du
coin. Education, beauté, forme, drague, sexe, tissu social… elles ont tout décortiqué. Allant même jusqu'à
payer de leur personne - on ne vous dira pas laquelle s'est inscrite à un cours de gym digne d'un
entraînement de GI's, ni qui a testé l'épilation intégrale du maillot. Méthode payante puisqu'on a droit à une
véritable plongée dans les coulisses de la ville qui ne dort jamais.

Injections de collagène dans les talons

On apprend donc en vrac que les New-Yorkaises sont folles de manucure et d'épilation. Que certaines
organisent des défilés pour vanter le talent de leur chirurgien esthétique. Que d'autres ont recours à des
injections de collagène dans les talons pour pouvoir chausser les so trendy Manolo Blahnik. "Le chic naturel
de la Parisienne, elles en rêvent mais elles sont beaucoup plus pragmatiques que cela en réalité." On apprend
également qu'elles sont prêtes à tout tenter pour traquer le capiton. Qu'elles n'hésitent pas à attendre minuit
pour pouvoir suivre un cours de pilates ultra select. Qu'il existe une waiting list pour acquérir un basique
chez Gap.
Côté sexe, les habitantes de Manhattan revendiquent le droit à jouir. D'ailleurs, elles n'attendent plus le
prince charmant et se prennent en main toute seule grâce à leurs sex toys. La recherche du père de leurs
enfants est une entreprise de grande envergure. Une fois qu'elles sont mères, elles sont prêtes à tous les
sacrifices pour que leurs rejetons fréquentent l'école qui les mènera tout droit à Harvard. Sachez enfin qu'il
existe des coaches qui peuvent vous apprendre à faire tout et n'importe quoi.

Indépendance et social noise

Voilà qui donne le tournis et l'impression d'être plongée dans un livre de science-fiction. Au-delà des clichés,
nos deux enquêtrices concèdent avoir "une affection sincère" pour leurs copines. Que doit-on leur envier
exactement ? "Leur manucure !" Et plus sérieusement ? "Leur capacité à rebondir. Elles sont courageuses car
New York reste une ville dure même si elle offre beaucoup de possibilités. On aime leur esprit positif qui
devient contagieux. Elles savent regarder la vie du bon côté, certes de façon parfois naïve et enfantine, mais
très rafraîchissante pour nous autres, Européennes." D'accord, mais elles ont bien un truc qui cloche non ?
"Ah oui, leur social noise !" (comprenez leurs intonations de voix qui peuvent monter dans les aigus avec
moult exclamations excessives).

Et là, vous allez me dire : "C'est bien joli tout ça, mais quel est le rapport avec la pintade exactement ?" Et
bien, les New-Yorkaises ne sont pas seulement futiles et matérialistes. Elles sont aussi indépendantes,
indociles, féminines et féministes assumées… multiples quoi ! Et vous savez quel animal est doté de qualités
similaires ? On vous le donne en mille ! En Afrique, ce gallinacé est même le symbole de la femme libre. Alors
la pintade new-yorkaise, nouvelle icône de féminité ? A vous de juger.

"Les pintades à New York – Chroniques de la vie des New-Yorkaises" de Layla Demay et Laure Watrin.
Illustrations de Sophie Bouxom, éd. Jacob-Duvernet, 19,90 euros

Karin DANJAUME
les Pintades
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