Paradoxes de la New-yorkaise

Une immersion dans la psyché féminine locale.

Par Marie-Hélène MARTIN

vendredi 29 octobre 2004 (Liberation - 06:00)

«Les Pintades à New York, chroniques de la vie des New-Yorkaises» de Layla Demay et Laure Watkin.
éditions Jacob-Duvernet, «l'esprit de la ville», 220 pp., 19, 90 €.

En villégiature prolongée à New York, deux journalistes françaises, Layla Demay et Laure Watkin, s'amusent
à chasser la pintade pour mieux la dépeindre. Cette curieuse bestiole transpire dans les salles de gym dès 6
heures du matin et arpente la ville en talons hauts à la recherche de Mr. Right (le bon fiancé). On l'aura
compris, «pintade» ­ du portugais «galinha pintada», à savoir «poule peinte» ­ sert ici à qualifier la femme new-
yorkaise réputée bruyante, industrieuse, indomptable et fardée, comme l'oiseau gallinacé. Souvent drôle, le
livre prend la forme d'une collection de chroniques et de «choses vues». Rien n'échappe à la sagacité de nos
deux trentenaires, qui éprouvent tout de même une certaine tendresse pour cette pintade croquée comme une
contradiction sur pattes : «Cérébrale mais obsédée par la réussite matérielle, libérée mais pleine de tabous,
autonome mais grégaire.» En fin d'ouvrage, on trouve une piquante galerie de portraits pintadesques
(l'artiste, la PDGère, l'activiste...) ainsi que des adresses pour tirer le meilleur parti de la Grosse Pomme. «Si
l'on considère que l'Occidentale est névrosée, alors la New-Yorkaise en est au stade terminal», s'accordent à
dire les auteures après cette immersion dans la psyché féminine locale.
les pintades à New York